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Fuera ! Dehors ! En dehors, à la limite, Fuera de lo Común, "las chucherias" proposent avant tout une fantaisie décalée, en rupture avec l'image traditionnelle du "flamenco puro" ; une sorte de pied de nez ludique au formalisme académique de la danse flamenca.

Las chucherias, que l'on peut traduire par les petites babioles, sont - comme leur nom l'indique - des petits cadeaux de pacotille, bijoux ou bonbons que l'on offre aux enfants à la sortie de l'école. A l’image de ces sucreries acidulées et autres cochonneries délicieuses, Las chucherias, en l’occurrence Carmen et Mercedes, les deux personnages de la pièce, invitent à la tentation de succomber au plaisir.
Au diable les calories et le poids de la performance et place à la légèreté, la transgression et l’insouciance.

Avec comme point de départ une visite bilingue du Musée national du Prado, le spectateur s’apprête à découvrir un univers hybride entre théâtre et flamenco, désacralisant les rites de la danse et bousculant avec malice les codes et les images de l’univers hispanique.

Qui sont ces deux femmes ?
De réelles guides de musée comme elles ont l’air de se présenter en début de parcours ?Deux sœurs puérilement équivoques ?
Peut-être tout simplement deux amies parties dans un délire furieux, âmes jumelles au sein d’un jeu de miroirs déformants.

La fiction semble mélée à la réalité.
Sommes nous véritablement dans un musée ?
Très vite la visite bascule.
Est-elle réelle ou imaginée, inventée, jouée ?

En incarnant les postures monstrueuses des personnages des tableaux de Goya, Carmen y Mercedes vont peu à peu entrer dans la sphère du corps et par là-même dans celle de la danse.
Un flamenco décalé aux frontières de l’excès, cadencé par les sonorités de la langue espagnole dont elles se jouent comme d’un instrument rythmique au mépris de toute syntaxe pour n’en garder que l’énergie et la musicalité.

A leur façon d’exposer la vie intime des artistes du musée, d’incarner les personnages de leurs œuvres ou encore de se prendre pour des sépulcres
de l’époque romaine, on comprend aisément que cette visite n’a rien de classique.

Légèreté, dérision et plaisir du jeu sont les moteurs de cette forme pour le moins atypique de flamenco théâtral.